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Jenny de Vasson - Photographe 1872-1920

Biographie

Jenny de Vasson {JPEG}
Jenny de Vasson

Fille unique d’un magistrat, Jenny Girard de Vasson est née le 20 août 1872 à La Châtre, dans une famille aristocratique et libérale. Son enfance puis son adolescence se déroulent en Berry, avec une éducation extrêmement solide mais qui laisse beaucoup de temps pour les marches en forêt et les visites des nombreux domaines de ses grands parents. De cette époque, elle conservera toujours le souvenir de promenades avec George Sand, ses parents comptant alors parmi les familiers du grand écrivain et de son château de Nohant.

La maison de ses parents, à Issoudun, est toujours ouverte à de nombreux invités et la jeune Jenny porte un intérêt particulier aux artistes les plus assidus que sont le poète Maurice Rollinat, le sculpteur Ernest Nivet et surtout le peintre Fernand Maillaud, qui demeurera toujours parmi les intimes des Vasson. Elle-même, de 1890 à 1894, reçoit toutes les semaines pour l’aider dans ses études un jeune castelroussin qui a ébloui sa famille par ses dessins, Bernard Naudin. La brillante carrière de ce dernier comme graveur et illustrateur sera très influencée des leçons reçues de Jenny, notamment par le développement de son goût musical, et il restera assidu à cette vieille amitié pendant toute sa vie.

En 1894, à l’occasion d’un voyage dans les Pyrénées, elle fait la connaissance d’un enfant de dix ans dont elle apprécie la vivacité, Jean-Richard Bloch. Cette rencontre, au moment où éclate l’Affaire Dreyfus, marquera très fortement la vie des Vasson. Le père de Jenny, républicain et franc-maçon, va s’engager résolument dans le combat en faveur de Dreyfus, quitte à prendre des distances avec la société bien pensante du Berry. Ce vide sera bientôt comblé par des relations étroites nouées par Jenny avec un groupe de jeunes et brillants intellectuels parmi lesquels on compte, outre Jean-Richard Bloch, dont la notoriété littéraire va bientôt se développer, l’orientaliste Jules Bloch, le linguiste Marcel Cohen et l’écrivain Emile Herzog, qui s’illustrera plus tard sous le pseudonyme d’André Maurois.

En 1899, Jenny de Vasson acquiert un appareil photographique et installe un laboratoire dans la maison familiale. Cet appareil l’accompagne dans la vingtaine de voyages qu’elle effectuera jusqu’en 1914 en Belgique, en Espagne, en Grèce, en Italie, en Suisse et à travers toute la France. Les photographies qu’elle va réaliser pendant vingt ans sont surtout des souvenirs, quelques une pourtant répondant à une volonté esthétique ou à une mise en scène.

En 1901, le père de Jenny prenant sa retraite s’installe avec sa famille dans un hôtel particulier de Versailles où ils résideront l’hiver, l’été se déroulant dans la propriété dont sa mère vient d’hériter dans le Berry, l’Abbaye de Varennes. La proximité de la capitale favorise pour Jenny la fréquentation des théâtres et des concerts et lui permet de faire la connaissance de nouveaux artistes, dont Roger Martin du Gard.

Retirée en Berry avec sa famille de 1914 à 1918, Jenny de Vasson va y réaliser de très nombreuses photographies de la population des villages environnant, les soldats qui partent au front étant heureux de pouvoir emporter avec eux l’image de leur famille. Jenny de Vasson, qui dès l’âge de quinze ans souffrait d’un embonpoint précoce et avait de ce fait renoncé à se marier jamais, est décédée à l’Abbaye de Varennes le 15 février 1920 d’une angine de poitrine.


En 1942, une grande partie de l’œuvre de Jenny de Vasson a été détruite par les armées d’occupation à l’occasion du saccage de l’hôtel que celle-ci avait habité à Versailles et dans lequel elle était conservée.

En 1980, à l’occasion d’un passage en Berry, M. Jean-Marc Zaorski (Prix Niépce 1988) découvre les travaux de Jenny de Vasson et s’attache à les faire connaître par l’édition d’un premier ouvrage. Depuis vingt ans, plusieurs publications et expositions, en France comme à l’étranger, ont contribué à la diffusion de l’œuvre de l’une des premières photographes françaises, œuvre dont subsistent deux mille tirages d’époque, sept mille plaques et négatifs ainsi qu’une importante correspondance.






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