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La route des chefferies

Les sculptures perlées, chefs d’œuvre de l’art...

L’art de la broderie des perles est très rependu en Afrique. Dans les Grassfields du Cameroun, il a connu au fil du temps une finesse inégalée. Les perles étaient utilisées pour l’ornementation des calebasses rituelles, des cagoules, des objets sculptés tels que les sièges d’apparat et les statues commémoratives ou encore leurs fameux masques-éléphants ; composant un véritable hymne à la « splendeur des perles ».

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Si les Bamiléké et les Bamoun sont de très bons sculpteurs sur bois (tels en témoignent les piliers sculptés, les cadres de porte ou l’art statuaire qui pullulent dans les chefferies de l’Ouest), les artistes ont dû adapter leur technique à cette forme artistique spécifique qu’est la broderie de perles. La sculpture reste en ronde-bosse, mais les formes se font plus simples, les reliefs moins prononcés afin que l’artiste puisse ensuite aisément broder les perles qui donneront par la suite le caractère de l’œuvre.

Dans les Grassfields, on employait des perles étirées granulaires (Foutomtcha) ou de plus petites perles rondes qui sont aujourd’hui majoritaires. Ces perles étaient initialement faites en verre opaque, leurs petites tailles permettaient de suivre facilement les contours des sculptures ; elles étaient enfilées en longues rangées sur une toile de base le plus souvent en raphia.

Les perles de verre utilisées sont d’importation et sont arrivées en même temps que les bateaux européens avec le développement du commerce international et de la traite négrière (XVIIe ; XXe siècle). Il est à préciser que d’autres perles venaient avant cette période d’Orient ou d’Egypte, les foyers de fabrication de perles n’étant pas très nombreux en Afrique (hormis quelques petites fabriques au Ghana, au Nigéria et en Mauritanie).

Les cauris (mot d’origine indienne signifiant « petit coquillage ») sont également beaucoup utilisés par les artistes perliers. Ces petits coquillages blanc proviennent de l’océan indien et ont servis de monnaies au Bengale et dans de nombreuses régions d’Afrique centrale, preuve de leur valeur et de leur prestige. La broderie de perles de verre ou de cauris était d’ailleurs des insignes du rang social, symboles de prestige et de richesse. Les perles sont les attributs des rois, des chefs ou des notables qui possèdent des objets perlés somptueux. Exhibés en public, les objets perlés incitent au respect et à une certaine considération, et contribuent à réaffirmer un statut social. Elles ont également parfois un pouvoir rituel ou sont réservées à un culte.

Chaque couleur, chaque motif à une signification, la broderie de perle fait ainsi prendre tout son sens à l’affirmation de Jean Paul Notué comme quoi l’art est inséparable du language1. La technique du perlage permet également aux Bamiléké et aux Bamoun d’assouvir leur goût de la polychromie sans avoir recours à de la peinture, moins durable.






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